Séminaire d’introduction à la psychanalyse : la psychanalyse, à quoi ça tient? Lundi 21 juin, par zoom, 18h30-20h30

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La psychanalyse, à quoi ça tient ?

Séminaire d’introduction à la psychanalyse 2021

Animé par Anne-Marie DEFAY et Roberto DI NOTO

 

Freud en son temps déjà, n’a pas manqué de souligner le partage des eaux entre psychologie et psychanalyse. Pour autant la psychanalyse a longtemps coloré théories et pratiques de la psychologie, mais aussi de la psychiatrie, puis, sous une prolifération de vocables nouveaux, d’une pluralité de pratiques à vocation dite de thérapie. Dans le foisonnement du champ psy, comment la psychanalyse trouve-t-elle ses marques ? Comment dire en quoi la psychanalyse s’y spécifie précisément de ne pouvoir s’y fondre ni s’y confondre ? C’est à quoi nous nous proposons de réfléchir en posant la question : « La psychanalyse, à quoi ça tient ? »

« (…) que les êtres humains sont des êtres adaptés, comme on dit, puisqu’ils vivent, et donc que tout doit coller », telle est, selon les termes de Lacan le 11 janvier 1956, « l’idée qui inspire toute la psychologie classique, académique »[1].

Cette idée, voire cet idéal de la psychologie, ne saurait être ce qui oriente le psychanalyste pour qui précisément : « Il y a toujours des choses qui ne collent pas. »[2]

Au-delà d’une simple divergence de point de vue, c’est la position du psychanalyste que Lacan pointe ici, dans sa dimension éthique.

« N’oubliez pas, dit-il, que rien qui touche au comportement de l’être humain comme sujet, et à quoi que ce soit dans lequel il se réalise, dans lequel il est tout simplement, ne peut échapper à être soumis aux lois de la parole. »[3]

Ainsi cet être humain, c’est avec les effets de la parole « qu’il s’arrange pour être à peu près ce qu’il a admis qu’il était, un homme (…) ou une femme (…) »[4].

Et s’il intéresse la psychanalyse, c’est au titre d’être parlant et parlé indissociablement, « parlêtre », dira Lacan. Comme tel voué à une « irréductible singularité »[5], notre parlêtre ne saurait se prêter, sauf à s’écraser sous le protocole, à « l’universalisation du sujet propre à la science moderne »[6], selon les mots de  François Ansermet, science dont Lacan a pu dire qu’elle « est une idéologie de la suppression du sujet »[7].

A l’opposé de tout protocole, en quoi le dispositif analytique s’offre-t-il à donner lieu à cette expérience de parole qu’on appelle une psychanalyse ?

Anne-Marie Defay

[1] LACAN Jacques, Le séminaire Livre III, Les psychoses, Seuil, Paris, 1981, p. 95

[2] Ibid., p. 95

[3] Ibid., p. 96

[4] Ibid., p. 96

[5] ANSERMET François, « L’irréductible singularité, entre science et psychanalyse », Audio, in RADIO LACAN, 24.04.2012

[6] Ibid.

[7] LACAN Jacques, Autres écrits, Radiophonie, Seuil, Paris, 2001, p. 437