Conférence d’Anaëlle LEBOVITS-QUENEHEN – Jeudi 3 novembre 2022 à 18h30 à l’Alamanda


Cher.e.s collègues,
La prochaine séquence du Séminaire d’Introduction à la Psychanalyse aura lieu:
Lundi 24 octobre, de 18h30 à 20h30
à l’hôtel Alamanda, l’Hermitage les bains
Pour les personnes qui ne sont pas inscrites à l’année, vous êtes invités à effectuer votre inscription à la séquence et le paiement avec le lien weezevent ici : https://my.weezevent.com/seminaire-dintroduction-a-la-psychanalyse-11
(inscriptions possibles sur place en fonction des disponibilités.)
Marie-Pierre Audouy
Secrétaire de l’ACF à la Réunion
https://acf-lareunion.fr


Chers participants,
Fatiha Belghomari, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP, prononcera une conférence sous le titre :
« La psychanalyse à l’épreuve de l’expertise judiciaire »
Jeudi 6 octobre 2022, de 18h30 à 20h30
Hôtel ALAMANDA – St Gilles les bains
Dans ses études, Freud s’est appliqué à donner un statut scientifique à l’examen de l’expertise judiciaire. De Dostoïevski au cas Halsmann, c’est la lecture œdipienne qui lui a permis d’en constituer un canevas pour élaborer une clinique du crime dont la psychanalyse pouvait rendre compte. Cette orientation freudienne est remise en cause par les tenants d’une théorie neuroscientifique qui fait prévaloir les données dites objectives du sujet de droit au détriment de la position singulière de celui qui se prête à l’exercice.
A partir de vignettes cliniques, nous interrogeons cette articulation entre la psychanalyse et l’expertise judiciaire, en nous demandant si et comment La psychanalyse donne la mesure du crime dans ses rapports avec la réalité et en indique son ressort social fondamental. (cf. J Lacan, Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p137.)
L’entrée est libre et gratuite mais nous vous invitons à vous inscrire à l’adresse suivante : psychanalyse@acf-lareunion.fr
A très bientôt !
Pour l’équipe du site,
Michèle Chalmin-Joufflineau



*Lacan J., Le Séminaire, livre xxv, « Le moment de conclure », leçon du 15 novembre 1977, inédit.

Cartello n°37
Le Cartello n°37 s’intitule Transfert de travail. Il met en exergue que l’existence d’un trou dans le savoir, conduit l’analysant à commencer une cure et le psychanalyste à s’orienter en cartel. Chacun a dans l’idée que le savoir absolu n’existe pas, c’est ce qui pousse à chercher à en savoir davantage. Chacun, dans une démarche différente, produira un savoir, dont les finalités seront différentes.
La distinction est faite entre le travail de transfert, où l’analysant effectue, grâce à l’amour du savoir, un travail. Il n’est pas sans supposer un savoir à son analyste. Et le transfert de travail sous tendu par un désir décidé qui amènera à lire, construire, démontrer, exposer ses trouvailles.
Le cartel reste l’organe essentiel de l’École pour soutenir ce désir de savoir. Chaque texte de ce Cartello attrape par un fil ce qu’il en est du transfert de travail.
Découvrez vite ce numéro de Cartello en cliquant ICI!
Stéphanie TESSIER, déléguée aux cartels à la Réunion
Pour l’équipe du site,
Michèle CHALMIN-JOUFFLINEAU

Le thème du cartel dont je fais partie « Jouissance féminine, aujourd’hui ? » s’est élaboré à partir du constat que notre civilisation change très vite et que les lignes de la jouissance féminine, peut-être bougent également ? Il existe une progression sans conteste de mouvements d’activistes non binaires, queers, … sur l’île. Leur vocabulaire change, avec beaucoup d’anglicismes et de nouvelles définitions. Il existe un engouement pour une recherche identitaire au regard de « l’art » avec des techniques corporelles, comme le voguing … qui utilisent la caméra, ce qui se voit jusqu’à la (dé)monstration. Les codes vestimentaires sont en mutation de façon très prégnantes, comme si la première marche des visibilités, à la Réunion, avait permis à l’extraordinaire de devenir ordinaire. Une jouissance sur fond de féminisation, mais son versant illimité n’en fait pas pour autant, une jouissance féminine.
Une impasse
J’ai d’abord proposé une lecture du livre Femmes lacaniennes[1]. J’y ai trouvé beaucoup de références qui traversent l’enseignement de Lacan, pas sans des références à J.A. Miller. Éric Laurent en a écrit la préface en l’intitulant La psychanalyse vue du côté femme. Rose-Paule Vinciguerra aborde l’hystérie avec des traversées sur l’amour d’une femme pour un homme, la relation mère-fille, le rapport au sexe, la cure, sa fin par la passe, le désir de l’analyste, la notion de pas-tout, telle la progression d’une analysante en cure. Bien que j’aie lu environ 150 pages de ce livre, que j’ai souligné des passages qui m’intéressent, qui suscitent des interrogations, je n’ai pu m’y remettre avec l’enthousiasme du début. Quelque chose achoppe, mais quoi ?
Un début de dénouement
Plus-une d’un cartel travaillant sur les « Formes du désir féminin »[2], Anna Aromi parle de « Créer un vide, un trou » d’emblée dans le cartel, afin de permettre une élaboration. Une élaboration attendue, puisque les produits de ce cartel seront publiés dans la prochaine revue Scilicet. Ces propos illustrent bien le thème de cette journée[3] des cartels, Du désir au cartel, pas sans l’écriture. D’ailleurs, en 1967, Lacan disait : « Autour de ce trou dans le savoir propre à chacun, ce non-su, se trace un cadre pour le savoir »[4].
N’ai-je pas voulu combler ce trou trop vite ?
De la soirée préparatoire au congrès de l’AMP[5], un début de réponse s’est ébauché pour moi : depuis que le livre de R.P. Vinciguerra a été écrit, les mutations sont allées très vite et il met en avant la nécessité d’élargir nos lectures. C’est aussi un temps où d’autres évolutions se profilent : celle de la procédure de la Passe, celle de la folie généralisée dans une démocratie qui ravale le mot à la chose, sans considérer l’écart qu’introduit l’inconscient. Cette journée Question d’École où il a été question de la « dépathologisation », de la loi …
Écrire
Loin d’avoir cerné tous les enjeux qu’amènent la dépathologisation dans notre champ, j’ai commencé à écrire pour l’intercartel et le séminaire interne aux membres de l’ACF locale et ma question de cartels a émergé : La dépathologisation : jouissance toute et jouissance féminine ? Ou comment y faire avec un monde où le pathologique devient normal ?
Stéphanie Tessier
[1] Vinciguerra.R.-P, Femmes lacaniennes, éditions Michèle, édition Je est un autre dirigée par Ph. Lacadée
[2] Cartel multilingues, mis en place pour travailler le thème des grandes assises virtuelles internationales de l’AMP du 31 mars au 3 avril 2022, « La femme n’existe pas ».
[3] Intercartel et rentrée des cartels, le 12 Février 2022, avec la participation de Dominique Corpelet, par zoom.
[4] Lacan. J, Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École, Autres Ecrits, Paris, Seuil, 2001
[5] Soirée préparatoire au congrès de l’AMP[5] « La femme n’existe pas » du lundi le 31 janvier 2022

Lors des journées de l’ACF en juin 2021, j’ai parlé du cartel « La psychanalyse, à quoi ça tient ? » dont je suis le plus-un. Notre invitée Claudine Valette-Damase nous demandait si l’emploi de zoom avait perturbé nos rencontres en cartel.
Ma réponse fut que cela ne s’était pas posé comme tel dans la mesure où ce cartel, servant de soubassement au Séminaire mensuel d’Introduction à la Psychanalyse, qui a pour thème : « La psychanalyse, à quoi ça tient ? » ne pouvait être ajourné. Dans ma responsabilité de plus-un, je suis attentive à ce que chacun des cartellisants puisse produire à tour de rôle et à chaque séance un exposé servant de base au Séminaire, ce qui constitue un pousse au travail rigoureux de textes sur des concepts théoriques comme sur des cas cliniques, mais aussi un pousse à écrire à un rythme soutenu. En l’occurrence, la perspective de l’exposé met au travail de façon minutieuse les textes pour en extraire l’ossature, un point de butée, les conditions nécessaires à l’orientation psychanalytique lacanienne, etc., autant de mises en lumière issues de la lecture de chaque cartellisant, animé par le projet de susciter une conversation avec les participants au Séminaire. A partir de son produit écrit, transmis et partagé à plusieurs en cartel, pas sans lien avec la recherche propre à chacun et le réel mis en jeu par sa cure, il est espéré la construction d’un savoir nouveau qui relance le désir mais aussi une contribution aux travaux de l’École en tant que l’outil cartel proposé par Lacan a vocation de constituer « l’organe de base »[1] du travail d’École sur la psychanalyse.
Un des écueils rencontrés dans ma fonction de plus-un est celui d’évoluer auprès de cartellisants avancés dans l’étude des textes psychanalytiques, ce qui peut inhiber certaines initiatives ou prises de parole de mon côté. Effet de groupe du côté de l’Idéal, poussée surmoïque, qui révèleraient ma division subjective, ceci m’amène à interroger cette fonction plus-une en tant que sine qua non. En l’occurrence, l’élucidation des textes écrits par les collègues et ceux de mon cru, en direction des participants, est une boussole. Le choix des interventions se faisant à plusieurs a pour effet de décompléter la position de chacun. Il s’agit aussi de soutenir ce qui progresse de la question propre à chacun, qui opère à bas bruit, parfois à l’insu de soi, dans l’alternance des séquences cartel-séminaire ; un travail en progression, qui s’actualise en se resserrant par l’écriture.
L’important n’est-il pas, via le transfert de travail entre les « épars désassortis »[2] que nous sommes, tournés vers l’École, de me faire présente – pas sans quatre autres – à veiller au devenir des productions de chacun en direction de la communauté analytique, pour contribuer à rendre vivante la transmission de la psychanalyse, à partir de ce qu’on ne sait pas ?
L’intercartel de février 2022 provoque des effets de surprise : « Pas de cartel sans plus-un » ! « Le cartel, ça tient à quoi ? ». Par sa présence singulière transmise en visioconférence et ses retours éclairants, le Délégué aux cartels de l’École, suscite un pas supplémentaire. Me vient à l’esprit la dimension de l’éthique, tournée du côté d’un engagement où la satisfaction issue de la réalisation du travail fait taire une jouissance mortifère en faveur de la relance d’une vitalité désirante !
Mary Carmen Polo
[1] Lacan, J., « D’écolage », 11 mars 1980. http://www.causefreudienne.net/cartels-dans-les-textes/
[2] Lacan, J., Le Séminaire, livre XXI, Les non-dupes errent, leçon du 9 avril 1974, inédit ;